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Combien gagne réellement un chauffeur VTC en 2026

Chiffre d'affaires, commission, carburant, leasing, assurance, URSSAF : le calcul complet, poste par poste, du revenu net d'un chauffeur VTC à temps plein en 2026 — et les leviers pour l'améliorer.

Le chiffre d'affaires brut : entre 4 500 et 8 000 € par mois

Commençons par le haut du tableau. Un chauffeur VTC à temps plein, dans une grande agglomération, réalise généralement entre 300 et 450 courses par mois, pour un panier moyen de 15 à 22 € selon la ville et les horaires travaillés. Cela situe le chiffre d'affaires brut mensuel entre 4 500 et 8 000 € — au prix, il faut le dire, de semaines de 50 à 60 heures, nuits et week-ends compris.

Prenons un profil soutenu pour dérouler le calcul : 400 courses par mois à 20 € de panier moyen, soit 8 000 € de chiffre d'affaires. C'est le montant que les passagers paient. Ce n'est pas, loin s'en faut, ce que le chauffeur gagne.

Premier prélèvement : la commission de la plateforme

Avant toute charge, la plateforme prélève sa commission. Chez les plateformes classiques, elle tourne autour de 25 % : sur nos 8 000 € de chiffre d'affaires, 2 000 € partent immédiatement. Il reste 6 000 €.

Ce poste est le premier levier de revenu, et le plus méconnu. À volume de travail strictement identique, une commission à 7 % au lieu de 25 % laisse 7 440 € au lieu de 6 000 € — soit 1 440 € de plus chaque mois, sans une seule course supplémentaire.

Les charges du véhicule : le gros morceau

Vient ensuite le véhicule. En location longue durée ou en crédit, une berline récente conforme aux exigences du métier coûte entre 600 et 900 € par mois. Ajoutez l'assurance spécifique au transport de personnes — comptez 250 à 400 € par mois, bien plus qu'une assurance classique — et vous atteignez déjà 900 à 1 300 € de frais fixes.

Les frais variables suivent : 400 à 700 € de carburant par mois pour 5 000 à 6 000 km (nettement moins en électrique, à condition de recharger à bas coût), 100 à 200 € d'entretien lissé sur l'année (pneus, révisions, freins), 50 à 80 € de lavages — la propreté du véhicule conditionne les notes — et une trentaine d'euros de forfait téléphonique et d'accessoires. Total véhicule : environ 1 700 à 2 200 € par mois.

Les cotisations sociales : le prélèvement qu'on oublie

La grande majorité des chauffeurs démarrent en micro-entreprise. Le régime est simple, mais son fonctionnement piège les activités à fortes charges : les cotisations sociales — environ 21 % en 2026 pour cette catégorie d'activité — se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé, pas sur le bénéfice. Nos 8 000 € de chiffre d'affaires génèrent donc environ 1 700 € de cotisations mensuelles, que les charges réelles soient élevées ou non.

C'est le fameux piège du régime micro pour les VTC : la commission de la plateforme et les frais de véhicule ne sont pas déductibles. Beaucoup de chauffeurs basculent donc, passé un certain volume, vers une société (SASU ou EURL) qui permet de déduire les charges réelles et de récupérer la TVA — au prix d'une comptabilité plus lourde et de frais de gestion de 100 à 200 € par mois. Le plafond du régime micro, environ 77 700 € de chiffre d'affaires annuel, force de toute façon la question pour les temps pleins.

Le résultat net : le compte est vite fait

Additionnons, dans notre scénario en micro-entreprise chez une plateforme à 25 % : 8 000 € de chiffre d'affaires, moins 2 000 € de commission, moins environ 1 900 € de véhicule et frais courants, moins 1 700 € de cotisations sociales. Restent environ 2 400 € nets par mois — avant impôt sur le revenu — pour 50 à 60 heures de travail hebdomadaires. Rapporté au temps passé, on tourne autour de 10 € nets de l'heure.

Le même chauffeur, avec le même volume, chez une plateforme à 7 % : 8 000 € moins 560 € de commission, moins les mêmes charges de véhicule et cotisations. Restent environ 3 840 € nets. La commission est le seul poste qui varie — et elle fait passer le revenu net de 2 400 à près de 3 900 €, soit 60 % de mieux pour un travail rigoureusement identique.

Les leviers pour améliorer son revenu

Au-delà du choix de plateforme, plusieurs leviers pèsent lourd : travailler les créneaux à forte demande (matinées d'aéroport, sorties de soirée), maîtriser ses charges de véhicule — l'électrique en recharge à domicile peut diviser le budget énergie par trois —, choisir le bon statut juridique dès que le volume le justifie, et fidéliser une clientèle directe pour les trajets réguliers.

Mais aucun de ces leviers n'a l'impact mécanique de la commission. Économiser 100 € de carburant demande des efforts quotidiens ; passer de 25 % à 7 % de commission rend 1 440 € par mois dans notre scénario, sans rien changer d'autre. C'est précisément le modèle de Roulzy : une commission plafonnée à 10 %, garantie dans le code — et fixée à 7 % aujourd'hui —, pour que le travail paie d'abord celui qui le fait. Sur une course à 20 €, cela fait 18,60 € pour le chauffeur au lieu de 15 €. Même dans des hypothèses de volume prudentes, l'écart dépasse 4 300 € par an.

Le VTC qui ne se sert pas au passage.

Commission plafonnée à 10 %, garantie dans le code. Les chauffeurs gagnent plus, les passagers paient moins.