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Commission VTC : où partent vraiment les 25 % de votre course

Sur une course à 20 €, environ 5 € partent en commission avant même que le chauffeur ne paie ses charges. Décryptage chiffré : ce que la commission des plateformes finance vraiment, et ce qu'elle coûte aux chauffeurs comme aux passagers.

Une course à 20 €, un chauffeur payé 15 €

Quand vous réglez une course VTC à 20 €, vous imaginez sans doute que l'essentiel revient à la personne qui conduit. La réalité est différente : les plateformes classiques prélèvent une commission d'environ 25 % sur chaque trajet. Sur ces 20 €, le chauffeur ne touche donc que 15 €. Les 5 € restants sont captés par la plateforme avant même qu'il ait payé le moindre litre de carburant.

Ce taux de 25 % n'est pas une exagération : c'est l'ordre de grandeur constaté par les chauffeurs sur leurs relevés et documenté par la presse économique depuis des années. Et encore s'agit-il d'une moyenne : une fois intégrés les frais de service facturés au passager et les ajustements de la tarification dynamique, la commission effective dépasse parfois 30 % sur certains trajets.

Ce que financent réellement ces 25 %

Le premier poste, c'est l'acquisition : codes promo, courses à prix cassés pour recruter des passagers, primes de parrainage, campagnes publicitaires nationales. Dans un marché où plusieurs applications se disputent les mêmes utilisateurs, attirer un client coûte cher — et ce coût est répercuté sur chaque course, donc en partie sur le revenu du chauffeur.

Viennent ensuite les coûts de structure : des équipes réparties dans des dizaines de pays, des sièges sociaux, des départements juridiques mobilisés par des contentieux réguliers sur le statut des chauffeurs, et des actionnaires qui, après des années de croissance à perte, attendent désormais des bénéfices. La commission est le principal levier pour les produire.

Et la technologie, dans tout ça ? Faire tourner une application de mise en relation — calcul d'itinéraire, attribution des courses, paiement sécurisé — a un coût réel, mais il ne représente qu'une fraction du prélèvement. Une fois l'infrastructure construite, chaque course supplémentaire coûte quelques centimes à traiter. Ce ne sont pas les serveurs qui absorbent vos 5 €.

L'effet ciseau : la commission se prélève avant les charges

C'est le point que les passagers connaissent le moins : la commission est calculée sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice. Le chauffeur paie ensuite toutes ses charges — carburant ou électricité, location ou crédit du véhicule, assurance professionnelle, entretien, cotisations sociales — sur les 75 % restants.

Reprenons notre course à 20 €. Il reste 15 € au chauffeur. Déduisez environ 2 € de carburant et d'usure du véhicule pour le trajet, puis la part des charges fixes (leasing, assurance) et des cotisations sociales rapportée à cette course : le revenu net réel tombe autour de 8 à 9 €. La plateforme, elle, a encaissé 5 € sans supporter ni véhicule, ni carburant, ni risque routier. Sur cette course, elle gagne presque autant que celui qui l'a réalisée.

Des taux affichés, des taux réels

La tarification dynamique complique encore la lecture. Le prix payé par le passager et la rémunération versée au chauffeur sont désormais calculés séparément, par des algorithmes distincts. Résultat : l'écart entre les deux — la commission effective — varie d'une course à l'autre, sans que personne puisse l'anticiper.

Les chauffeurs qui tiennent leurs comptes le constatent : deux trajets comparables, même distance, même durée, peuvent laisser des commissions effectives allant de 20 % à plus de 30 %. Cette opacité rend impossible tout calcul de rentabilité fiable — un comble pour des travailleurs indépendants censés piloter leur activité.

Ce que ça représente sur une année

Chiffrons. Un chauffeur à temps plein réalise couramment autour de 400 courses par mois. Avec un panier moyen de 20 €, cela représente 8 000 € de chiffre d'affaires mensuel. À 25 % de commission, la plateforme prélève 2 000 € chaque mois — soit 24 000 € par an, l'équivalent d'une voiture neuve, prélevés avant toute charge.

Comparez avec une commission à 7 % : le prélèvement tombe à 560 € par mois. Même dans des hypothèses beaucoup plus prudentes sur le volume et le panier moyen, l'écart entre 25 % et 7 % dépasse 4 300 € par an pour le chauffeur. Ce n'est pas un détail comptable : c'est la différence entre une activité qui fait vivre et une activité qui use.

Face à ce prélèvement, beaucoup de chauffeurs compensent de la seule façon possible : en allongeant leurs journées. Les enquêtes sur le secteur décrivent des semaines de 50 à 60 heures de volant pour maintenir un revenu décent. Autrement dit, la commission ne se paie pas seulement en euros : elle se paie en heures, en fatigue et en risque routier.

Un autre modèle est possible

Rien n'oblige une plateforme de mise en relation à prélever le quart de chaque course. C'est le pari de Roulzy : une commission plafonnée à 10 % — 7 % aujourd'hui — inscrite directement dans le code qui calcule chaque prix, donc impossible à dépasser, même pour nous. Sur une course à 20 €, le chauffeur garde 18,60 € au lieu de 15 €.

Moins de commission, c'est un chauffeur mieux payé sans que le passager paie plus — souvent même en payant moins. La prochaine fois que vous montez dans un VTC, posez-vous la question : sur ce que vous venez de payer, combien arrive vraiment à la personne au volant ?

Le VTC qui ne se sert pas au passage.

Commission plafonnée à 10 %, garantie dans le code. Les chauffeurs gagnent plus, les passagers paient moins.